GREGG avec une Diva d'Amsterdam

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Souvenir d'Amsterdam - août 2015
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samedi 26 juillet 2014

Billet littéraire de notre ami Denis-Martin Chabot - Mes lectures


Mes lectures : Les jérémiades de Simon Boulerice

Voici un jeune auteur qui se démarque. Ce livre brillamment écrit raconte l’histoire d’un adolescent en début de puberté qui tombe amoureux d’un garçon un peu plus âgé. Leur amour éphémère ne dura que jusqu’à la puberté complète quand la voix aura mué et que les poils auront poussé. Le plus vieux qui aimait l’apparence plus jeune et plus féminine que plus jeune s’en désintéresse. Simon Boulerice va très loin dans le pathétique. J'en étais mal à l'aise! C'est ça savoir écrire. Une peine d’amour à laquelle on s’identifie, peu importe l’orientation sexuelle.
 
 




http://www.editionssemaphore.qc.ca/catalogue/les-jeremiades/

Mes lectures : les romans de Robert Tessier
 
Robert Tessier n'a pas peur des défis. La preuve, depuis plus de 10 ans, il aborde de front le thème du transgendérisme dans ses romans. 

Le thème est au coeur et tisse l'intrigue de ses plus récents titres, Le matin des magiciennes et Le fil de Marie-Anne, entre deux eaux, publiés aux Éditions de l'Étoile de Mer.
Dans Le matin des magiciennesJune veut comprendre ce qui pousse autant d'hommes à se féminiser ? Elle s'embarque dans sa recherche qui la mènera dans le monde des travestis, puis des transsexuelles, en compagnie d'une amie Lyne, de son ex-mari et d'une transgenre excitante, Annick. Ce livre se veut également instructif, puis que par leurs discussions, les protagonistes nous font découvrir l’état des recherches sur les causes probables. Il est évident que Robert Tessier, détenteur d’un doctorat en sciences des religions, a fait une recherche exhaustive avant d’écrire son roman.
 
Dans Le fil de Marie-Anne, entre deux eaux, Marie-Anne est biologiquement un homme qui parle d'elle au féminin. Chaque soir, elle ne métamorphose en femme sans toutefois vouloir changer de sexe. La nature ayant été généreuse envers elle, puisqu'elle est d'une beauté rare, il va sans dire qu'elle plaît. Par contre, elle vit dans le doute et suit une psychothérapie dans le but de mieux se comprendre et aller au-delà de son ambivalence. Comment aller outre ses contradictions ? Comment expliquer et mieux vivre son androgynie.

Natif du Témiscamingue, Robert Tessier a grandi dans la région de Québec, « que j'ai quittée à l'âge de vingt ans parce que j'en trouvais la mentalité trop conservatrice et conformiste. »  DEC en lettres, en mains, il a passé « une année de bohème à Montréal, en chantant avec ma guitare dans des boîtes du Vieux-Montréal » Il est retourné aux études en enseignement secondaire.

« Ma principale spécialité était la morale, et plus précisément la sociologie de l'éthique, domaine dans lequel je me suis rendu jusqu'au doctorat. Ma thèse a porté sur les mécanismes sociologiques de l'émergence dans la société québécoise des préoccupations environnementales et d'une éthique correspondante dans les années 80, en particulier autour de la question des pluies acides. Je fus chargé de cours et professionnel de recherche à l'UQAM pendant une vingtaine d'années tout en gardant un pied sécuritaire dans l'enseignement secondaire. »

Mais la littérature et la poésie ont toujours été une passion pour Robert Tessier.

« Il me semblait que la littérature, et la poésie en particulier à cette époque, avait quelque chose à apporter au monde. Cela permettait à mes yeux d'humaniser la société et chacun d'entre nous, à commencer par moi-même. »

Il a publié plusieurs ouvrages savants dans le cadre de sa carrière universitaire, mais c’est à la retraite, et oui, notre beau jeune homme est déjà retraité, qu’il a pu se consacrer à sa passion et écrire.

« Ce qui m'inspire, c'est l'idéal de sortir de la conformité. Je pense que nous sommes fondamentalement des êtres libres, et qu'il est dommage que nous nous emprisonnions dans toutes sortes de patterns de comportements et d'idées préétablis. Je veux que mes livres soient déstabilisants, fassent réfléchir et déclenchent des remises en question fondamentales concernant des thèmes tels que, qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? D'ailleurs, j'adore la grande toile de Gauguin qui porte ce titre. Mes romans portent en fait sur ces questions. »

Et voilà où le thème transgenre trouve tout son sens dans la démarche littéraire de Robert Tessier. Son intérêt pour le non-conformisme, la remise en question de l’ordre établi et le droit à l’individualité et à la différence expliquent l’attrait de la transsexualité.

« Pour moi, les transsexuel-le-s et, plus généralement, les personnes qu'on appelle maintenant transgenres parce qu'elles vivent entre les deux genres justement, représentent un très bel exemple de liberté. Elles nous rappellent que l'humanité est diverse et que les frontières qu'on dresse entre les personnalités masculine et féminine sont loin d'être étanches. Elles revendiquent le droit d'être elles-mêmes au-delà de ces différences qui ne sont en fait que culturelles alors qu'elles mènent trop souvent à de l'intimidation et à la discrimination sous le seul prétexte qu'un garçon est perçu comme efféminé, ou une fille comme un garçon manqué. C'est pourquoi il y a plein de ces personnes dans mes romans et, en particulier, dans mon dernier. D'abord secondaire, ce thème est devenu de plus en plus central dans mes romans et cela ira encore plus loin dans le prochain. »

Robert Tessier n’exploite pas le caractère sensationnel du transgenre. Il n’utilise pas ce thème pour choquer ou mousser ses ventes de livres. Ses personnages trans dans tous ses romans le sont, parce qu’ils ou elles le sont. Ils-elles ne sont pas des clowns de cirque, ce n’est pas un freak-show qu’il nous offre.

Biographie de Robert Tessier:

La chevauchée des hippocampes, Éditions Point de Fuite, coll. «Points de suspense», 2003, 164 pages

Les dessous du paradis, Éditions Point de Fuite, coll. «Points de suspense», 2005, 159 pages

Le matin des magiciennes, Éditions de l'Étoile de Mer, 2011, 142 pages

Le fil de Marie-Anne, entre deux eaux, Éditions de l'Étoile de Mer, 2012, 230 pages






samedi 19 juillet 2014

mercredi 9 juillet 2014

La Fierté littéraire présente sa 3e édition sous le thème: Le Sexe me fait lire !

Le sexe me fait lire !
 
Fierté littéraire 2014
 


L'invité d'honneur de cette troisième édition:
 
 
Michel Marc Bouchard est leur invité d'honneur.
Venez le rencontrer le 15 août à 19 heures 30 à la Cinémathèque québécoise au 355 boulevard de Maisonneuve Est.
 
Denis-Martin Chabot aura le plaisir d'animer la rencontre.
 
Michel Marc sera aussi disponible après la rencontre pour dédicacer ses livres qui seront en vente sur place.
 
 
Soirée d'ouverture
 
lundi 11 août, 19:00
 
Au Bar Le Stock à Montréal
 
 
 
Une discussion réunira plusieurs auteur(e)s sur le thème « Entre les couvertures : la place de l’érotisme dans l’écriture LGBT »’.
 
Simon Boulerice, Denis-Martin Chabot, Mathieu Leroux, Chantal Morin, Kyrian Malone et Jamie Leigh échangeront sur cette thématique.
 
 

Fierté littéraire présente L’Emmental expiré,

un spectacle littéraire multimédia produit par Simon DuPlessis,
et suivi d’un micro ouvert.
 
 
 
De 11 à 17 heures,
des auteur(e)s de la communauté LGBT et des auteur(e)s amis de la communauté participeront à La journée communautaire,
dans le cadre d’une foire du livre en plein air,
rue Sainte-Catherine Est.
 
Le grand manitou de cette fierté littéraire
 
 
Denis-Martin Chabot; auteur, journaliste
 
 
Parmi les invités:

Simon Duplessis

Nicole Brossard

Jean-Paul Daoust

Mathieu Leroux

Pascale Cormier

Robert Tessier

Samuel Champagne

Sophie Labelle

et bien d'autres

 


 

Événements estivaux à ne pas manquer à Montréal

 
Fierté littéraire 2014
Le sexe me fait lire !

Soyez les bienvenus à la troisième édition de la Fierté littéraire, festival LGBT. Nous revenons en 2014 avec un thème provocateur : le sexe me fait lire!
 
L’érotisme y est-il trop omniprésent ou est-il nécessaire, voire incontournable? Est-il temps de passer à autre chose ? Qu’en pensent les écrivain(e)s transsexuel(le)s ?
 
Quatre soirées littéraires aborderont ces questions. Notre invité d’honneur est nul autre que Michel Marc Bouchard, dont la pièce Tom à la ferme vient d’être portée au grand écran par Xavier Dolan.
 

Ici- La programmation                 Ici - Suivez Fierté Littéraire

 
PIKNIK ÉLECTRONIK
Le Piknic Électronik est un événement hebdomadaire innovateur alliant hédonisme et découverte. Ayant comme principal pilier la musique électronique, sa mission est de décloisonner le genre tout en offrant une expérience sociale immersive.
 
Par une programmation pointue mais accessible, le Piknic Électronik sait plaire à la fois aux adeptes et aux profanes du genre. Talents locaux et internationaux se relayent sur deux scènes offrant chacune une ambiance différente dans un décor distinct.
 
 
 
Divers/Cité, la fête gaie de Montréal, est une manifestation artistique populaire, moderne et avant-gardiste. Reflet d’un cœur urbain en mouvement, le festival présente des spectacles publics à l’écoute des nouvelles tendances et ouverts aux différences.
 
L’édition 2014, du 28 juillet au 3 août, propose aux nombreux festivaliers d’ici et d’ailleurs de vibrer au rythme d’une série de grands événements, extérieurs et en salles, qui les attendent au Vieux-Port de Montréal et ailleurs dans la métropole!
 
En plus de célébrer le retour annuel de La Grande Danse, l’une des plus importante manifestation extérieure de musique House en Amérique du Nord, la cuvée 2014 du festival vous réserve une foule de surprises et promet aussi notamment d’être plus verdoyante que jamais, avec l’ouverture d’une toute nouvelle scène sur l’Île Bonsecours
 

LE DÉFILÉ

 
Le défilé de la fierté Montréal 2014 aura lieu le dimanche 17 août 2014 dès 13 h. Partant à l’angle du boulevard René-Lévesque Ouest et de la rue Guy, le défilé parcourra le centre-ville vers l’est et se terminera à l’angle de la rue Sanguinet.

Les spectateurs pourront ensuite poursuivre la marche en direction du Parc Émilie-Gamelin, où se déroula le MÉGA T-DANCE et le spectacle de clôture.

Ici -Tout sur Fierté Montréal

 
 

samedi 5 juillet 2014

Billet littéraire de l'ami Denis-Martin Chabot, auteur... Mes lectures -

Mes lectures : Le gay savoir de Michel Tremblay

Michel Tremblay n’a jamais voulu faire de la politique en parlant d’homosexualité dans ses livres.

« Ça ne m’intéressait pas, je voulais écrire des livres pour tout le monde. Je voulais écrire des livres et des pièces où l’homosexualité en viendrait à ne pas être importante, » a-t-il dit lors d’une rencontre publique lors de la Fierté littéraire dans le cadre de Fierté Montréal, en août 2013


Michel Tremblay n’a jamais auparavant autant discuté de la thématique LGBT dans son œuvre et avec autant de profondeur et avec autant d’introspection, racontant que c’est la découverte de son orientation sexuelle à l’adolescence qui l’a poussé à écrire.

« À cette époque, 16 ans, on est en 58, tu n’allais pas voir tes parents pour leur dire “ devinez quoi “. Il fallait passer par ailleurs pour dire ce qu’on avait à vivre ou pour vivre ce qu’on avait à vivre. »

Il a d’abord écrit Contes pour buveurs attardés.

« Sur les 40 contes, il y en a au moins 7, 8 qui sont au moins homoérotiques, sinon franchement homosexuels en pensant qu’en fin du compte, personne ne va s’en rendre compte. »

Il en a remis des copies à ses amis qui ne disaient rien.

« C’est très drôle le silence des années 50, l’espèce de silence devant certains sujets. Mes amis les lisaient, aimaient beaucoup ça. Mais ça s’arrêtait là. La chose n’était jamais abordée directement. »

L’auteur célèbre est d’avis qu’un adolescent qui n’a pas de problème ne deviendra pas un artiste.

« Tu te confies à la page blanche. Alors mes premiers poèmes, mes premiers contes, c’était ça. Au moins, si c’était pas clair dans ce que j’écrivais, au moins ça me faisait du bien. On écrit pour se faire du bien. »

Si l’homosexualité est latente dans les premières œuvres de Michel Tremblay, celui-ci attend le milieu des années 60 pour en faire un thème principal d’une pièce de théâtre. Il s’agit de la Duchesse de Langeais (qui n’a rien à voir avec celle de Balzac). Cette pièce raconte l’histoire d’une travestie qui s’enivre pour noyer un chagrin d’amour.

« C’était tellement outré que la pièce avait plus d’importance que la question qu’on pouvait se poser à savoir est-ce que l’auteur est gai ou non. C’était un tel coup de poing. »

En fait, c’est lors d’une entrevue en anglais sur les ondes de la télévision anglaise de Radio-Canada que Michel Tremblay en 1975 annoncera son homosexualité.

« Il m’a demandé By the way, are you gay ? J’ai répondu By the way, yes! »

Michel Tremblay écrit pour comprendre les gens et les situations.

« L’écriture est une lettre sans fin que je m’écris à moi même depuis 55 ans pour essayer de comprendre le monde. N’importe qui qui vit un traumatisme ou qui vit quelque chose, c’est normal qu’il ait envie de l’exprimer. L’écriture, c’est sérieux. C’est pas cute. C’est le fun, mais c’est pas cute. » 

En 1974, il écrit la pièce Bonjour là, bonjour, dans laquelle on retrouve deux amoureux qu’on trouve sympathiques, mais au milieu de la pièce, on apprend qu’ils sont frère et sœur, mais il est trop tard pour les haïr.

« On est obligé de l’accepter, » explique-t-il.

Dans Le Coeur découvert, le premier tome de la série Le Gay Savoir, Michel Tremblay a choisi de ne pas aborder le coming-out ou l’homophobie, mais il a voulu faire avouer à n’importe qui lirait ce roman que deux hommes puissent être amoureux n’avait aucune espèce d’importance.

Ce roman vient d’être traduit en italien, et une journaliste de Rome l’a interviewé récemment. Elle lui a dit que dans son pays, c’était un livre avant-gardiste parce que c’est impensable que deux hommes puissent vivre ensemble et en plus élever un enfant.

« Imaginez qu’en 1986, quand mon roman est sorti au Québec, on m’a dit que le thème était dépassé. »

Or, en 2013, les questions d’homoparentalité ne sont certainement pas toutes réglées au Québec.

La suite, Le Coeur éclaté nous fait vivre au travers de Jean-Marc, le personnage principal, la peine d’amour que l’auteur a lui-même vécu en 1991. Michel Tremblay s’était alors rendu à Key West à l’invitation de l’écrivaine Marie-Claire Blais, où il a passé cinq mois.

« C’est comme lorsque je suis malade, comme lorsque j’ai eu mon cancer, j’ai tendance à faire comme les animaux et m’en aller dans mon coin et de lécher mes plaies et de revenir triomphant. C’est un peu ce que j’avais fait en 91. Si ça ne m’était pas arrivé, j’aurais pu écrire une deuxième partie où dix ans plus tard, les deux gars auraient encore été ensemble. »

Michel Tremblay compare les écrivains à des vampires qui trouvent leur inspiration dans leur propre vie et dans celles de leur entourage. Ainsi, il a fait vivre à Jean-Marc, son personnage principal, sa peine de l’année précédente. Il a fait la même chose après son opération au cerveau en 1986. Il a alors écrit L’homme qui entendait siffler une bouilloire. 

« C’est correct d’utiliser ce que tu as vécu et c’est correct de vampiriser ton entourage à condition, c’est prétentieux de dire, mais c’est vrai, que ce que tu produis soit bon. »

En 1971, Radio-Canada diffuse aux Beaux Dimanches En pièces détachées qui met en scène la tante Robertine, la marraine de Michel Tremblay. Celle-ci avait eu une réaction tout à fait inattendue.

« Pendant toute ma vie, je me suis confessée à des curés qui ne comprenaient rien, puis tout ce temps-là, j’avais un neveu à côté de moi qui me comprenait. »

Dans Le Coeur éclaté, il est aussi question du SIDA. C’est la première fois que Michel Tremblay en parle dans son œuvre. Pourtant la maladie est connue depuis 11 ans. Il a hésité à en parler pour ne pas tomber dans la colère, comme c’était le cas dans la littérature et au théâtre jusqu’alors, comme la pièce de théâtre The Normal heart (Larry Kramer, 1985). Il a pris le temps de comprendre la maladie et de trouver le bon ton pour en parler.

À cette époque, Key West était devenu le mouroir des sidéens aux États-Unis.

« On voyait beaucoup de sidéens dans les rues. C’était très présent et très heavy! »

Un soir qu’il allait voir le coucher de soleil à une jetée située près de chez lui, il a été témoin d’une scène touchant.

« J’avais vu un couple, et c’était le jeune, un très très beau gars et il était malade, et c’était le vieux qui le guidait le plus jeune. Le vieux avait décrit au jeune ce qu’il voyait. Ce dernier ne pouvait pas voir parce qu’il était atteint de cécité. » 

Un an plus tard, il s’est inspiré de ce moment dans Le Coeur éclaté.

Les lesbiennes sont aussi très présentes dans l’œuvre de Michel Tremblay

« J’ai depuis longtemps été entouré d’une quinzaine de lesbiennes. J’ai vécu avec elles et je les ai entendues. J’ai connu leur humour, j’ai connu leur façon de vivre. Quand est venu le temps de les décrire… C’est ma job d’imaginer ce que ça peut être, d’être quelqu’un d’autre. »

Dans La nuit des princes charmants, on devine aussi que le narrateur sans nom est Michel Tremblay, et ce dernier l’admet.

« Comme j’ai comme théorie qu’on connait le cul avant l’amour, je voulais écrire un roman dans lequel un petit gars de 16 ans qui est vierge décide de perdre sa virginité et s’en aller à l’aventure. Fuck le reste! »

« Ça s’appelle La Nuit des princes charmants parce qu’il n’arrête pas de rencontrer des gars avec qui ça marche pas. Il les subit. Et celui avec lequel... On ne racontera pas tout le roman... »

Michel Tremblay appelle ce genre de beau mec imbu de lui-même qui vous niaise pendant toute une soirée un chien sale aux yeux verts. Ça lui a inspiré une chanson dans la pièce de théâtre musical Demain matin, Montréal m’attend.

« Tu sais quand il (le narrateur de La Nuit des princes charmants) revient le lendemain matin après avoir baisé, il écrit pour dire que tout ce qu’il a envie de dire à sa mère, regarde mes mains sentent le cul. Tu sais d’aller jusque là, il faut que ce soit cochon, pas laid, mais pour l’époque, oui, mais bon. C’est ça le sujet du roman, c’est ça qui est important, c’est je vais-tu finir par baiser un jour. L’ai-je bien expliqué ? »

Dans Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes, 4e tome de la série Le Gay savoir, on suit le même gars fendant, ce chien sale aux yeux verts, François Villeneuve, 40 ans plus tard.

« J’ai voulu écrire un roman sur un gars antipathique. J’ai tellement bien réussi que le livre ne s’est pas bien vendu. »

Pourtant, on finit par accepter ce gars détestable pas à cause de lui, mais en raison de ce qui lui arrive. Has-been et alcoolique, on suit son histoire au travers des 10 chansons qu’il a écrites et qui formeront son seul disque qu’il aura produit de toute sa vie. C’est au travers du processus de création de chacune des chansons qu’on en apprend sur le personnage. Ce livre particulièrement réussi mérite d’être lu. Il faut passer outre l’aspect antipathique de François Villeneuve.

Beaucoup de lieux et d’artistes connus font partie du roman, entre autres Monique Leyrac. Atteint d’une phase avancée de syphilis, François se sent mal et demande à Madame Leyrac qu’il croise à la sortie d’un enregistrement à Radio-Canada de l’emmener voir un docteur. Michel Tremblay a dû vérifier si Monique Leyrac avait une auto en 1964, l’année où se situe l’action.

« C’est le fun de se servir de ces détails pour que ça ait l’air vrai. Moi j’aime le faire parce que ça donne de la crédibilité à ce que tu racontes. »

Avec une œuvre aussi colossale que celle de Michel Tremblay, qui comprend entre autres, 27 pièces de théâtre et 24 romans, on croit facilement qu’il a raconté et raconte encore avec autant de crédibilité la petite et la grande histoire des québécois.

mardi 1 juillet 2014

Billet: Coups de coeur littéraires signé par l'auteur Denis-Martin Chabot

Denis-Martin  Chabot est un journalisme, auteur et l'initiateur des Rencontres littéraires sous le nom: La Fierté littéraire
qui en sera à sa 3e édition du 11 au 16 août 2014 sous le thème
« Le sexe me fait lire! » dans le cadre de la Fierté Montréal
 
La Fierté littéraire a pour but de promouvoir la littérature à thématique LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre) et ses auteur(e)s.
 
Espace Gregg est heureux de reproduire les billets Denis-Martin 
qu'il publie sur sa page Facebook.
Il nous livra ses Coups de cœur littéraires.
De plus, il nous fera découvrir ses amis auteurs.
 

 
Voici son premier billet :
 
Mes lectures : L'ombre du passé, Éphémère et Les âmes sœurs de Nicole Gauthier

Entrez dans l’univers loufoque, mystérieux et palpitant de Nicole Gauthier. J’ai dévoré ces trois romans parce que Nicole sait comment raconter une histoire. Elle sait écrire! Elle tient son lecteur en haleine de la première page de chaque tome de cette trilogie. Nicole nous décrit un monde de filles, certes, qui aiment bien les garçons, trop parfois, à en perdre toute perspective et se mettre les deux pieds dans les plats, mais les gars aussi aimeront cette lecture. Les hétéros, surtout, apprendront peut-être une chose ou deux sur les filles. Ce qui ne serait pas une mauvaise idée! Des aventures mystérieuses, parfois inexplicables, avec un brin d’humour, voire un GROS brin d’humour, voilà ce que nous propose Nicole. Un style décapant, des répliques qui tuent, des intrigues à en perdre le sommeil. Je recommande ces livres! Une bonne lecture de plage ou de froides nuits d’hiver

 
Avec mon amie, Nicole au Salon du livre de Québec, avril 2014
 
En image les trois livres